Importantes inondations, Septembre-Octobre

Publié le 9 Octobre 2011

 

La zone ciblée par le projet a été touchée tout comme le reste de la Province de Siem Reap par les inondations. D’après les témoignages des habitants sur place, il s’agit des pires inondations que le Cambodge est connu depuis 10 ans. Des pluies diluviennes se sont abattues sur le pays et dans la sous-région entrainant une crue du Mékong. En conséquence, selon les médias plus de 300000 Ha de rizières ont été submergés et plus de 230 000 familles affectées par ces inondations exceptionnelles.

 

Dans les communes de Puok et de Krabei Real, on a relevé 3 vagues d’inondations successives depuis le 12 Septembre dernier. Les 2 premières étaient dues aux fortes pluies et le gonflement du lit des rivières. La troisième vague qui a commencé début Octobre est due à la remontée du lac Tonlé Sap depuis les terres basses jusqu’aux terres hautes d’habitation des villages.

 

Pour l’instant les autorités locales ont organisé des réunions dans les villages afin d’évaluer l’impact des inondations : nombre d’habitations et de familles touchées, nombre d’hectares de rizières détruits.

 

Le 7 Octobre dernier, l’équipe projet d’Agrisud s’est également rendue dans les différents villages d’intervention et a interviewé une dizaine de familles touchées par les inondations. (cf. album photos inondations)

 

Ci- dessous quelques témoignages d’agriculteurs :

 

P1030766 [blog]Mme Srey Chi, agricultrice à Kampong Tayong, bénéficiaire en élevage G1 :

 

« Je n’ai pas vu de telles inondations depuis 10 ans environ. Notre maison est restée sous l’eau pendant une dizaine de jours. Il y a eu d’abord une inondation à cause des fortes pluies et de la rivière qui a débordée. Maintenant nous sommes une nouvelle fois inondés à cause de l’eau en provenance du Tonlé Sap. Nous avons perdu près d’1.5 Ha de riz. Nous avons pu récolter et sauver un peu de riz, mais il est de mauvaise qualité. Nous essaierons de replanter après les inondations du riz de cycle court, mais maintenant les semences sont deux à trois fois plus chères, 2500 à 3000 Riels le kilo. Nous avons rapatrié nos animaux vaches et cochons chez mon oncle, ses terrains sont exondés. Ils ont organisé une réunion dans le village pour collecter le nom  près de 80Ha de rizières complètement détruits. Le gouvernement va peut-être nous aider avec quelques semences mais on est sûr de rien encore. » 

 

 

 

M. Lach Kompheak, agriculteur à Ta Tok, bénéficiaire élevage G1 :

« Pour protéger nos animaux, j’ai rapatrié 80 poulets sous notre maison, car l’eau n’ai pas venue jusque-là. J’ai aménagé rapidement ma porcherie afin de mettre nos cochons en hauteur. Pour l’instant nous n’avons pas eu de morts dans notre élevage. Notre maison n’est pas touchée, seulement le fond de notre jardin et l’endroit où nous élevons les animaux » 

 

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Mme New Mean, agricultrice pilote à Puok Chas.

« Nos parcelles ont été inondées pendant un mois environ, c’est vraiment plus long que d’habitude. Cette année le problème vient de la remontée d’eau depuis le Tonlé Sap qui n’arrive qu’exceptionnellement. Nous avons perdu nos cultures de chou et de concombre, on a juste eu le temps de récolter quelques kilos avant l’arrivée des eaux. Nous avons perdu 1 Ha de rizières, mais il nous en reste encore 0.5 Ha qui sont situés sur les terres hautes du village. Nous essayerons de cultiver un autre cycle de riz, après la saison des pluies, nous pouvons cultiver grâce à l’eau du canal mais les semences risquent d’être chères. Ça devient difficile de prédire le climat, soit c’est la sécheresse, soit c’est l’inondation, avant les années se ressemblaient. Mon mari veut investir dans le commerce de bétails car le maraichage ne nous rapporte pas assez, nos parcelles sont souvent inondées. »

 

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Mme Tan Yi, agricultrice pilote à Pra Yuth :

« Notre maison a été touchée par l’inondation 3 fois cette année, presque 15 jours au total. 55 familles ont été aussi touchées dans le village et presque 30 Ha de rizières détruits. Pour ma famille nous avons perdu une parcelle d’aubergines et d’haricots baguettes. Nous avions juste commencé la récolte de haricot avant l’inondation, le prix était très bon avant Pchum Ben. Dès maintenant je commence à replanter. On n’est pas sûr que l’eau ne revienne pas encore une fois, mais nous n’avons pas le choix, le maraîchage c’est notre gagne-pain. Nous avons conservé tout de même quelques semences de côté au cas où. Nous n’avons pas eu de dégâts sur l’élevage heureusement. »

 

P1030912 [blog]

Rédigé par diversificationdelagricultureasiemreap.over-blog.c

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